La sensation d’oreille bouchée sans bouchon de cérumen déroute souvent. Cette impression de pression, d’oreille pleine ou de sons étouffés peut apparaître après un vol, un rhume, un moment de stress ou sans cause évidente. La plupart du temps, elle se corrige avec des gestes simples et ciblés. Ce guide vous aide à comprendre pourquoi cela arrive, quels réflexes adopter et quand demander un avis médical.
💡 À retenir
- Environ 30% des personnes ressentent cette sensation au moins une fois dans leur vie.
- Le lien entre le stress et la sensation d’oreille bouchée.
- Les complications possibles si la sensation persiste sans traitement.
Qu’est-ce que la sensation d’oreille bouchée ?
On parle de sensation d’oreille bouchée lorsqu’on perçoit une baisse des sons, une pression interne, parfois des craquements à la déglutition, sans bouchon visible de cérumen. Certaines personnes entendent leur propre voix résonner plus fort, un phénomène appelé autophonie. Cette sensation peut concerner une seule oreille ou les deux, et varier au fil de la journée.
La cause la plus fréquente n’est pas dans le conduit auditif, mais du côté de la régulation des pressions dans l’oreille moyenne. La petite valve qui fait communiquer le nez et l’oreille, la trompe d’Eustache, peut se bloquer ou fonctionner au ralenti. Résultat: l’air circule mal, la pression ne s’égalise pas, et l’on ressent cette gêne typique. C’est l’un des mécanismes les plus courants derrière une sensation oreille bouchée.
Anatomie de l’oreille
L’oreille se compose de trois parties. L’oreille externe capte le son jusqu’au tympan. L’oreille moyenne, une petite cavité aérée, amplifie ces vibrations. L’oreille interne les transforme en signal nerveux. La qualité de l’aération de l’oreille moyenne dépend de la trompe d’Eustache, qui s’ouvre brièvement quand on avale, bâille ou mâche.
Si cet orifice s’ouvre mal, de l’air peut se raréfier derrière le tympan, créant une dépression qui tire la membrane vers l’intérieur. Cela provoque une sensation de plénitude, des sons étouffés et parfois des crépitements à l’avalement. Une muqueuse nasale irritée, une inflammation ou un nez encombré suffisent à dérégler ce système pourtant finement réglé.
Causes possibles
Plusieurs situations déclenchent une gêne sans bouchon de cérumen. Les rhumes, rhinopharyngites ou sinusites épaississent les muqueuses et entravent l’ouverture de la trompe d’Eustache. Les allergies nasales en font autant, surtout pendant les saisons polliniques. Un changement rapide d’altitude, lors d’un vol ou en montagne, peut aussi perturber l’équilibre des pressions.
Des facteurs moins évidents entrent en jeu. Le stress tend les muscles du cou et de la mâchoire et aggrave le bruxisme nocturne, ce qui gêne la mécanique des petites articulations proches de l’oreille. Certaines personnes souffrent d’une dysfonction tubaire chronique, avec épisodes récurrents. Chez d’autres, une inflammation légère persiste après une infection et entretient la sensation oreille bouchée.
- Allergies et rhinites: congestion nasale, éternuements, démangeaisons
- Infections ORL: rhume, sinusite, parfois otite séreuse avec liquide derrière le tympan
- Variations de pression: avion, plongée, ascensions rapides, risque de barotraumatisme
- Dysfonction mandibulaire: bruxisme, douleur de l’articulation temporo-mandibulaire
- Stress et fatigue: hyperventilation, tension musculaire, perception accrue des symptômes
Chez l’enfant, la trompe d’Eustache est plus courte et horizontale. Les épisodes sont donc plus fréquents, surtout après un rhume. Chez l’adulte, une courbure nasale, une hypertrophie des cornets ou des polypes peuvent favoriser des blocages répétitifs. Le reflux laryngopharyngé irrite parfois les muqueuses et entretient l’inflammation.
Facteurs environnementaux
L’air sec des climatisations, le chauffage prolongé et la pollution irritent les voies aériennes supérieures. Une muqueuse sèche réagit en s’enflammant plus facilement, ce qui complique l’ouverture de la trompe. Une hydratation insuffisante accentue le problème et rend la muqueuse moins souple.
Les variations de pression rapides, typiques des vols courts ou des descentes en montagne, sollicitent intensément l’oreille moyenne. Si l’on embarque déjà enrhumé ou allergique, la compensation devient difficile et la gêne peut durer plusieurs jours. Un simple chewing-gum au décollage aide, mais un nez encombré nécessite souvent des gestes plus ciblés.
Solutions et traitements

La première étape consiste à favoriser l’égalisation des pressions. Avaler fréquemment, bâiller, mâcher un chewing-gum ou pratiquer une manœuvre douce sont des leviers efficaces. Hydrater les muqueuses et désencombrer le nez rétablissent la mécanique de la trompe. Ces gestes simples aident dans la majorité des cas de sensation oreille bouchée.
Quand une inflammation est en cause, les lavages avec une solution saline isotonique soulagent et fluidifient les sécrétions. Un spray nasal corticostéroïde peut être utile en cas d’allergies persistantes. On évite les décongestionnants vasoconstricteurs au long cours, car ils exposent à un effet rebond et ne conviennent pas à tout le monde.
- Égalisation en douceur: déglutition, bâillement, manœuvre de Valsalva très légère
- Hydratation: eau régulière, air humidifié, douche tiède et inhalations
- Nez dégagé: lavages salins quotidiens, sprays adaptés en cas d’allergie
- Gestion du stress: respiration lente, pauses actives, détente de la mâchoire
- Prévention en voyage: mastication au décollage, nez décongestionné avant l’avion
Précision importante pour la manœuvre de Valsalva. Elle se fait avec délicatesse, bouche fermée, narines pincées, en soufflant très légèrement comme pour expulser de l’air vers les oreilles. Si une douleur apparaît, on arrête et on privilégie la déglutition et les lavages salins. Après un vol, il est parfois nécessaire de répéter ces gestes plusieurs fois dans la journée.
En cas d’allergies identifiées, traiter le terrain change tout. Un antihistaminique peut diminuer l’inflammation, surtout pendant les pics polliniques. Certaines personnes tirent parti d’un ballon d’auto-inflation pour entraîner l’ouverture de la trompe d’Eustache, sur recommandation médicale. La régularité des soins compte plus que l’intensité. Mieux vaut des petits gestes répétés pour sortir durablement de la sensation oreille bouchée.
Remèdes maison
Au lever, commencez par boire un grand verre d’eau et réaliser deux ou trois lavages salins rapides. Enchaînez par cinq cycles de respiration lente, en gonflant le ventre à l’inspiration et en allongeant l’expiration. Massez ensuite doucement la zone devant l’oreille et les muscles de la mâchoire, bouche entrouverte pour relâcher les tensions.
Appliquez une compresse tiède sur l’oreille pendant cinq minutes, puis mâchez un chewing-gum quelques instants. Répétez ces gestes en fin d’après-midi si la gêne persiste. Lors d’un vol, avalez à chaque changement de régime de l’avion, et utilisez un spray salin juste avant l’atterrissage. Cette routine simple suffit souvent à faire disparaître une sensation oreille bouchée récente.
Quand consulter un professionnel
Si la gêne dure au delà de quelques jours malgré les gestes simples, un avis médical s’impose. Une douleur intense, de la fièvre, un écoulement de l’oreille, un vertige franc ou une baisse d’audition brutale nécessitent une évaluation sans tarder. Une sensation oreille bouchée qui traîne peut cacher un liquide derrière le tympan, une otite ou une inflammation plus profonde.
Des épisodes répétés après chaque rhume, des allergies mal contrôlées ou une difficulté systématique à compenser la pression en avion justifient aussi une consultation. Chez l’enfant, une gêne prolongée peut impacter l’audition et la concentration en classe. Un traitement précoce évite des complications et raccourcit la durée des symptômes.