Douleur sous le sternum, tiraillements dans le bas du dos, respiration courte… Quand le diaphragme se crispe, le dos proteste. Comprendre ce lien permet d’agir vite et bien. Voici une approche claire et pratique pour repérer une douleur diaphragme, en identifier les causes et adopter des exercices simples qui libèrent la respiration tout en apaisant les tensions dorsales.
💡 À retenir
- Le diaphragme joue un rôle clé dans la respiration et peut impacter le dos.
- Des études montrent que 70% des douleurs dorsales peuvent être liées à des tensions au niveau du diaphragme.
- Des exercices ciblés peuvent réduire les douleurs et améliorer la qualité de vie.
Qu’est-ce que la douleur diaphragme ?
Le diaphragme est le dôme musculaire qui sépare le thorax de l’abdomen. Quand il se contracte trop ou manque de mobilité, il peut provoquer une douleur diaphragme ressentie comme une gêne sous les côtes, au niveau du sternum ou irradiant vers le dos.
Stress, respiration haute, posture statique, toux répétée, troubles digestifs ou effort mal coordonné figurent parmi les causes courantes. Dans ces situations, le diaphragme perd de sa souplesse, tire sur ses attaches et perturbe l’équilibre musculaire du tronc.
Anatomie du diaphragme
Le diaphragme s’attache aux côtes, au sternum et aux vertèbres lombaires via ses piliers. Son centre tendineux se comporte comme un ressort élastique qui coordonne la respiration avec la stabilité du tronc. Il est innervé par le nerf phrénique, qui le relie directement au système nerveux et à l’état émotionnel.
Il travaille en synergie avec la sangle abdominale, le plancher pelvien et les muscles paravertébraux. Une perte de mobilité de ce dôme affecte donc la respiration, la posture et, par ricochet, le confort du dos.
Symptômes liés à la douleur
- Point sous-costal, oppression thoracique, gêne à l’inspiration profonde
- Tiraillement entre les omoplates ou dans le bas du dos lors des efforts
- Essoufflement rapide, soupirs fréquents, bâillements répétés
- Ballonnements ou reflux aggravés après les repas, avec tensions sous les côtes
- Hypersensibilité au stress, crispation abdominale et respiration courte
Lien entre diaphragme et douleurs dorsales
Le diaphragme s’arrime aux premières vertèbres lombaires et au fascia thoraco-lombaire. Quand il se contracte de façon excessive, il peut augmenter la tension sur le bas du dos et sur les muscles paravertébraux, favorisant des douleurs mécaniques.
Il interagit aussi avec le psoas et le transverse de l’abdomen. Une respiration haute et rapide surcharge le haut du thorax, déclenche une hypertonie des épaules et du dos et modifie la posture. Selon plusieurs approches cliniques, jusqu’à 70% des lombalgies auraient un lien avec des tensions diaphragmatiques persistantes, d’où l’intérêt d’agir dessus.
Chaînes musculaires et posture
Le diaphragme fait partie d’une chaîne reliant cage thoracique, colonne et bassin. Une posture voûtée, une sédentarité prolongée ou un stress chronique diminuent sa mobilité et installent un cercle vicieux respiratoire et postural.
- S’asseoir recroquevillé coupe l’amplitude respiratoire et raidit le bas du dos
- Respirer par le haut du thorax fatigue nuque et trapèzes
- Absence de gainage profond fragilise la stabilité lombaire
Exercices pour soulager la douleur

La clé est de redonner de la souplesse au dôme, d’améliorer l’amplitude costale et de réactiver la sangle profonde. Bien conduits, ces exercices diminuent la douleur diaphragme et libèrent le dos.
Avancez doucement, sans douleur vive. Si un symptôme inhabituel apparaît, stoppez et demandez l’avis d’un professionnel de santé, notamment un kinésithérapeute ou un ostéopathe formé à la respiration.
Techniques de respiration
Respiration diaphragmatique de base (allongé, genoux fléchis) :
- Placez une main sur le ventre, l’autre sur le thorax. Inspirez par le nez en dirigeant l’air vers le bas-ventre, le ventre se soulève d’abord.
- Soufflez doucement par la bouche comme à travers une paille, le ventre redescend. Faites 3 séries de 2 à 3 minutes, 1 à 2 fois par jour.
Respiration latéro-costale (assise ou debout) :
- Placez les mains sur les côtés des côtes. Inspirez par le nez et sentez l’écartement latéral, puis expirez en rapprochant doucement les côtes sous les mains.
- Répétez 8 à 10 cycles, en évitant de hausser les épaules.
Cohérence respiratoire simple :
- Inspirez sur 5 secondes, expirez sur 5 secondes, pendant 5 minutes. Deux à trois fois par jour pour apaiser le système nerveux et déverrouiller le diaphragme.
Pour visualiser le relâchement et la mobilité du diaphragme, cette vidéo propose une routine guidée facile à reproduire à la maison.
Étirements et renforcements musculaires
Étirement du psoas avec respiration :
- Fente genou au sol, bassin en rétroversion. Inspirez pour grandir, expirez en gardant le bas du ventre tonique, 5 respirations par côté.
Posture du sphinx douce (mobilité thoracique) :
- Allongé sur le ventre, appui sur les avant-bras, poitrine ouverte sans creuser les lombaires. Respirez vers le bas des côtes, 6 à 8 cycles.
Auto-massage du diaphragme (douceur maximale) :
- En position demi-assise, doigts sous le rebord des côtes, traction légère vers le bas à l’expiration. 1 minute de chaque côté, sans douleur.
Activation du transverse :
- En expiration, rentrez légèrement le bas du ventre comme pour fermer une fermeture éclair du pubis vers le nombril, puis relâchez à l’inspiration. 10 répétitions.
Prévention des douleurs liées au diaphragme
Les habitudes quotidiennes ancrent les bénéfices des exercices. Une respiration régulière, une posture mobile et une bonne gestion du stress stabilisent le tronc et limitent les récidives de douleur diaphragme.
Adoptez des repères simples, validés en cabinet par les professionnels de santé, pour préserver la souplesse du dôme et la fluidité respiratoire au fil de la journée.
- Faites 3 micro-pauses respiratoires de 1 minute, matin, midi et fin d’après-midi
- Réhaussez l’écran à hauteur des yeux, pieds au sol, bassin neutre, changements de position toutes les 30 à 45 minutes
- Marchez 20 à 30 minutes la plupart des jours, cadence confortable
- Évitez les repas trop copieux le soir et laissez 2 à 3 heures avant le coucher
- Intégrez 2 séances hebdomadaires de renforcement doux (transverse, plancher pelvien, mobilités costales)
En cas de douleur persistante, de gêne respiratoire marquée, de douleur thoracique inhabituelle ou de symptômes digestifs importants, prenez avis médical. Un bilan spécialisé permet d’écarter une cause organique et de personnaliser la rééducation respiratoire et dorsale.