Racler la gorge de façon répétée peut vite devenir agaçant, surtout quand les glaires s’accrochent et gênent la voix. Cette sensation de mucus coincé, plus marquée le matin ou en fin de journée, perturbe la parole et la concentration. Bonne nouvelle, la plupart des causes sont bénignes et des solutions existent. Voici comment comprendre le raclement de gorge, identifier son origine et adopter les bons gestes pour vous soulager.
💡 À retenir
- Environ 20% des adultes souffrent de raclement de gorge chronique.
- Les allergies saisonnières sont une cause commune de glaires.
- Le reflux gastro-oesophagien peut provoquer des symptômes similaires.
Qu’est-ce que le raclement de gorge ?
Le raclement de gorge est un réflexe destiné à dégager les voies aériennes supérieures lorsqu’on ressent une gêne, des glaires ou une irritation. Occasionnel, il ne pose pas de problème. Quand il devient répétitif, on parle de raclement de gorge chronique. Celui-ci entretient l’irritation du larynx et finit par créer un cercle vicieux.
Ce geste diffère de la toux, plus profonde et bruyante. Il s’apparente à une “petite toux sèche” produite pour enlever un film de mucus au fond de la gorge. Certaines personnes raclent la gorge par habitude ou par stress, même en l’absence de glaires. On estime que 20% des adultes en souffrent de manière persistante.
Définition et symptômes
Le mucus est une sécrétion normale qui humidifie et protège les muqueuses. Il devient problématique s’il s’épaissit, augmente en quantité ou stagne, donnant l’impression d’une boule dans la gorge. Les glaires peuvent être claires, blanchâtres, jaunâtres ou verdâtres selon le contexte.
- Sensation de gorge encombrée, besoin fréquent de se racler
- Voix enrouée, surtout le matin ou après avoir beaucoup parlé
- Irritation ou brûlures légères dans la gorge
- Toux sèche associée, parfois la nuit
- Goût amer ou acide en cas de reflux
“Au réveil, je n’arrêtais pas de racler ma gorge pendant une heure. En hydratant mieux et en lavant mon nez le soir, cela s’est nettement réduit.” Témoignage d’Élise, 29 ans, sujette aux allergies au printemps.
Causes des glaires dans la gorge
Les glaires proviennent le plus souvent d’un excès de sécrétions nasales qui coulent vers l’arrière, un phénomène appelé écoulement post-nasal. Les allergies saisonnières figurent parmi les causes les plus courantes, avec des muqueuses irritées qui produisent davantage de mucus. Une infection virale ou bactérienne des voies respiratoires peut également épaissir les sécrétions pendant quelques jours.
Le reflux gastro-œsophagien et son cousin silencieux, le reflux laryngopharyngé, irritent la gorge et miment les symptômes d’un rhume permanent. Les irritants comme le tabac, la pollution, certains solvants ou parfums stimulent la production de mucus. La déshydratation, l’air trop sec, quelques médicaments (antihypertenseurs de type IEC, anticholinergiques) et la consommation excessive de café ou d’alcool peuvent aggraver le raclement de gorge.
Facteurs aggravants
- Air sec intérieur, particulièrement en hiver sans humidificateur
- Tabagisme actif ou passif, vapeurs irritantes, poussières
- Boissons déshydratantes en excès: café, alcool, sodas
- Usage intensif de la voix: enseignants, chanteurs, télétravail en visioconférence
- Stress et respiration buccale, qui dessèchent la muqueuse
“En tant que prof, je finissais mes journées avec la voix cassée et un besoin constant de me racler. En apprenant à boire régulièrement et à faire des pauses vocales, la situation a changé.” Karim, 41 ans.
À noter que l’asthme, la rhinite chronique, la sinusite et une déviation de la cloison nasale peuvent entretenir les glaires. Un screening des allergies aide souvent à identifier les déclencheurs saisonniers.
Solutions et traitements

La bonne stratégie consiste à combiner des gestes simples au quotidien et, si nécessaire, des traitements ciblés selon la cause. Un changement d’habitudes suffit souvent à briser le cercle irritation → glaires → raclement de gorge. L’objectif est de fluidifier le mucus, protéger la muqueuse et réduire les irritants.
Avant de penser médicaments, commencez par optimiser l’hydratation, l’hygiène nasale et l’humidification de l’air. Ajoutez des techniques vocales douces et surveillez votre alimentation si un reflux est suspecté. Si les symptômes durent, un avis médical permettra d’ajuster le traitement.
Remèdes maison
- Hydratation régulière: viser 1,5 à 2 litres d’eau par jour, par petites gorgées
- Lavage nasal quotidien au sérum physiologique 0,9% ou douche nasale pour évacuer les sécrétions
- Gargarismes à l’eau tiède salée pour apaiser la muqueuse
- Inhalations de vapeur tiède (sans huiles irritantes) pour fluidifier les glaires
- Humidificateur propre dans la chambre, surtout en période de chauffage
Le miel peut calmer une gorge irritée chez l’adulte et l’adolescent, dans une infusion tiède citronnée. Évitez le miel chez l’enfant de moins d’un an. Limitez l’alcool et la caféine en soirée si un reflux est en cause, et surélevez légèrement la tête du lit en cas de brûlures nocturnes.
Côté hygiène vocale, préférez des “toux douces” avec expiration prolongée, avalez une gorgée d’eau plutôt que de racler, et accordez-vous des micro-pauses si vous parlez longtemps. Un spray à base d’acide hyaluronique ou d’alginate peut former un film protecteur temporaire sur la muqueuse.
Traitements médicaux
Lorsque les mesures simples ne suffisent pas, un traitement médical ciblé améliore nettement le raclement de gorge. Pour les allergies, les antihistaminiques de nouvelle génération, associés aux corticostéroïdes intranasaux, réduisent l’inflammation et l’écoulement post-nasal. Une désensibilisation peut être discutée si les symptômes sont récurrents.
En cas de reflux, les mesures hygiéno-diététiques sont complétées, au besoin, par des IPP (inhibiteurs de la pompe à protons) sur une période définie. L’objectif est de diminuer l’acidité qui irrite le larynx. Pour les surinfections ou sinusites bactériennes avérées, un antibiotique peut être prescrit après examen; on l’évite pour les simples rhumes viraux.
Des mucolytiques ou expectorants peuvent être utiles à court terme pour fluidifier les glaires épaisses. Si la voix est sollicitée, quelques séances avec un orthophoniste aident à corriger les automatismes de raclement et à adopter une technique vocale plus économique.
Conseil d’expert ORL: “Quand un patient me décrit une gêne persistante, je recherche toujours trois pistes en premier: allergie, reflux, écoulement post-nasal. Traiter la cause sous-jacente fait disparaître le besoin de se racler.”
Astuce pratique de suivi: notez pendant deux semaines les moments où les symptômes s’aggravent, les aliments consommés, l’environnement et le niveau de stress. Ce journal oriente le choix du traitement et accélère l’amélioration.
Quand consulter un professionnel
Un raclement de gorge isolé qui s’atténue en quelques jours n’inquiète pas. Une consultation s’impose si la gêne dure plus de trois à quatre semaines, si elle s’accompagne de fièvre, d’un essoufflement, de douleurs thoraciques, de sang dans les glaires ou d’une perte de poids inexpliquée. Les fumeurs et ex-fumeurs doivent être particulièrement vigilants.
Demandez un avis si la voix reste enrouée au-delà de deux semaines, si vous avez des difficultés à avaler, des brûlures gastriques fréquentes ou une toux nocturne persistante. Une évaluation ORL peut inclure une nasofibroscopie, un bilan allergologique ou un test lié au reflux. Mieux vaut aussi consulter si le raclement de gorge perturbe le sommeil ou le travail malgré les mesures d’hygiène.
Pour préparer la visite, apportez la liste des médicaments, précisez les moments clés des symptômes et les facteurs déclenchants repérés. Cette démarche facilite un diagnostic précis et un plan d’action sur mesure pour se débarrasser des glaires et du besoin de se racler la gorge